Une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram a visé une base militaire tchadienne dans la province du Lac. Selon des sources concordantes, le bilan fait état d’au moins 24 morts et de nombreux blessés.
Une attaque nocturne meurtrière dans la province du Lac
Une base militaire située à Barka Tolorom a été prise pour cible lundi soir. L’assaut visait les forces de défense et de sécurité tchadiennes, dans cette zone stratégique frontalnière du lac Tchad. Selon des sources militaires, au moins 24 soldats ont été tués. Un autre bilan évoque 25 morts et 46 blessés graves, évacués par hélicoptère vers N’Djaména. L’attaque a été attribuée à Boko Haram, groupe actif dans la région depuis plusieurs années.
Dès l’annonce de l’attaque, le président Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu à la base aérienne Adji Kosseï à N’Djaména pour rencontrer les militaires blessés. Le chef suprême des armées a salué leur courage et leur engagement. Dans un message officiel, il a condamné une attaque « lâche » et promis une réponse ferme contre les groupes armés.
Une région sous pression sécuritaire persistante
La zone du lac Tchad, partagée entre le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun, demeure très instable. Plusieurs groupes armés y opèrent, dont l’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest). Les attaques contre les positions militaires se multiplient, et le groupe JAS (Jamā‘at Ahl as-Sunnah lid-Da‘wah wa’l-Jihād, branche historique de Boko Haram) intensifie ses raids et enlèvements. Les autorités constatent une recrudescence des violences ces derniers mois.
Une menace toujours active malgré les opérations militaires
Malgré les offensives menées par l’armée tchadienne, la menace jihadiste persiste. N’Djaména affirme avoir neutralisé plusieurs bases ennemies, mais des attaques meurtrières continuent de frapper. En octobre 2024, une quarantaine de soldats tchadiens avaient déjà perdu la vie dans une attaque similaire. Ce nouveau drame souligne l’ampleur des défis sécuritaires et la complexité du combat contre les groupes armés dans la région.
Aristide HAZOUME