La condamnation de huit responsables du GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques) ravive les tensions politiques au Tchad. Plusieurs opposants dénoncent un durcissement du pouvoir et une restriction croissante des libertés publiques. Le verdict, prononcé le 8 mai à N’Djamena, suscite de nombreuses réactions politiques et judiciaires.
La justice tchadienne a condamné huit anciens dirigeants du GCAP à huit ans de prison ferme. Ils étaient poursuivis pour rébellion, mouvement insurrectionnel et troubles à l’ordre public. Le procès s’est déroulé dans l’enceinte de la prison de Klessoum. Chaque condamné devra également payer une amende de 500 000 francs CFA. Le parquet avait requis dix ans d’emprisonnement contre ces responsables politiques arrêtés fin avril. Le GCAP, récemment dissous par la Cour suprême, préparait une marche d’opposition interdite par les autorités.
Plusieurs figures politiques dénoncent un recul inquiétant des libertés démocratiques. Elles accusent le pouvoir d’utiliser la justice comme instrument de répression à l’encontre des opposants. Alifa Younous Mahamat, responsable du PSF (Parti socialiste sans frontières) en Europe, critique les conditions du procès. Il évoque une justice devenue un outil de pression politique et rappelle plusieurs affaires récentes ayant marqué la vie politique tchadienne, notamment la condamnation de Succès Masra et l’exil forcé de militants politiques. Le PSF reste fragilisé depuis l’assaut militaire contre son siège en 2024. Son président, Yaya Dillo, avait été tué durant cette opération.
Albert Pahimi Padacké, ancien Premier ministre, dénonce une concentration progressive du pouvoir politique et évoque un climat de peur parmi les opposants. Selon lui, la Cinquième République renforce le contrôle du pouvoir exécutif, et le Mouvement patriotique du salut (MPS) affaiblit délibérément l’opposition parlementaire. Plusieurs organisations politiques craignent désormais de nouvelles arrestations et poursuites judiciaires. Elles dénoncent des restrictions répétées contre les mouvements contestataires. Ces condamnations renforcent les inquiétudes sur l’avenir démocratique du Tchad. Les partis d’opposition réclament davantage de garanties judiciaires et politiques.
Aristide HAZOUME
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