Le référendum constitutionnel sur la réforme de la justice, organisé les 22 et 23 mars, constitue un revers cinglant pour Giorgia Meloni. Avec une participation élevée de 59 %, témoignant de l’importance du scrutin aux yeux des Italiens, près de 54 % des électeurs ont rejeté la réforme visant à séparer les carrières des juges et des procureurs.
Cette défaite marque la première véritable déconvenue politique pour la présidente du Conseil, leader de Fratelli d’Italia, trois ans et demi après son arrivée au pouvoir. Elle intervient également à un peu plus d’un an des prochaines élections législatives, prévues en 2027. En réaction à ce désaveu populaire, Giorgia Meloni a exigé la démission de trois membres de son gouvernement :
· Andrea Delmastro et Giusi Bartolozzi, tous deux rattachés au ministère de la Justice ;
· Daniela Santanchè, ministre du Tourisme, qui s’est d’abord montrée réticente à quitter ses fonctions.
Ces responsables étaient visés par des enquêtes judiciaires, mais ils avaient jusqu’alors été protégés par la majorité parlementaire, une situation devenue intenable après le scrutin. En reprenant elle-même la direction du ministère du Tourisme par intérim, Giorgia Meloni affiche sa volonté de purger l’exécutif des éléments controversés. Le séisme politique provoqué par l’échec du référendum a également entraîné la démission du chef du groupe Forza Italia au Sénat, Maurizio Gasparri. Il a été remplacé par Stefania Craxi, fille de l’ancien président du Conseil Bettino Craxi, une nomination imposée par la famille Berlusconi. Ce changement illustre les fragilités et les rivalités qui traversent la coalition gouvernementale, réunissant Fratelli d’Italia, la Ligue et Forza Italia.
Vers des élections anticipées ?
Face à la crise énergétique, à l’inflation galopante et à un contexte international tendu, l’hypothèse d’élections anticipées circule dans les couloirs du Parlement. Les derniers sondages indiquent toutefois que, si Fratelli d’Italia reste en tête des intentions de vote, le parti est celui qui enregistre le plus fort recul. Dans le même temps, le Parti démocrate consolide sa position en tant que première force d’opposition. Pour préserver sa majorité et asseoir sa légitimité, Giorgia Meloni semble miser sur une stratégie de dialogue avec l’opposition, sur la relance économique, ainsi que sur la poursuite de ses objectifs traditionnels en particulier la lutte contre l’immigration, marqueur de son ancrage à la droite radicale.
Aristide HAZOUME