La campagne présidentielle s’est officiellement ouverte en Zambie ce 21 mai 2026. Le président sortant, Hakainde Hichilema, domine largement une opposition fragmentée. Pourtant, plusieurs ONG et militants dénoncent des réformes controversées ainsi qu’un recul des libertés démocratiques à l’approche du scrutin prévu le 13 août.
Une campagne sous haute surveillance
La Commission électorale zambienne a lancé la campagne présidentielle jeudi. L’élection générale aura lieu le 13 août 2026. Arrivé au pouvoir en 2021, Hakainde Hichilema aborde ce scrutin en position de force face à une opposition qui n’a pas réussi à s’unir, malgré la multiplicité des candidatures. Le gouvernement met en avant une économie plus stable et souligne les progrès réalisés après la restructuration de la dette publique. Selon plusieurs observateurs, le chef de l’État bénéficie encore d’un large soutien populaire. Cependant, les critiques se font plus vives à mesure que l’élection approche.
La loi « Bill 7 » attise les tensions politiques
La réforme constitutionnelle connue sous le nom de Bill 7 reste au cœur des débats. Promulguée en décembre 2025 par Hakainde Hichilema, elle modifie plusieurs règles électorales, augmente le nombre de sièges parlementaires et introduit une dose de représentation proportionnelle. Le gouvernement affirme vouloir ainsi renforcer l’inclusion politique et moderniser les institutions nationales. Mais des organisations de la société civile dénoncent un calendrier précipité et critiquent également les nouvelles lois sur la cybersécurité, jugées liberticides.
À Lusaka, certains habitants évoquent un climat politique plus tendu qu’en 2021. Des citoyens disent craindre des restrictions à la liberté d’expression. Ce scrutin sera particulièrement observé dans ce pays de près de 21 millions d’habitants. Longtemps considérée comme un modèle démocratique régional, la Zambie suscite désormais des inquiétudes croissantes quant à son avenir politique.
Aristide HAZOUME