Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan se réunissent en Suède dans un climat tendu. Les déclarations de Donald Trump et de Marco Rubio inquiètent plusieurs capitales européennes. Washington annonce toutefois l’envoi de 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, malgré un retrait prévu d’Allemagne.
Washington relance les tensions au sein de l’Alliance
La réunion ministérielle de l’Otan se déroule à Helsingborg, dans le sud de la Suède. Les discussions doivent préparer le sommet prévu en juillet prochain en Turquie. Mais la guerre au Moyen-Orient domine désormais les échanges diplomatiques. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a critiqué durement les alliés européens. Selon lui, plusieurs membres refusent de soutenir les États-Unis face à l’Iran. Ces déclarations alimentent les tensions transatlantiques. L’Espagne a récemment refusé l’escale de bombardiers américains sur son territoire, et Berlin a également irrité Washington après des critiques contre la politique américaine.
Dans ce contexte, Donald Trump annonce l’envoi d’une brigade américaine en Pologne. Environ 5 000 soldats doivent renforcer le flanc oriental de l’Otan. Cette décision compense partiellement le retrait annoncé de troupes américaines d’Allemagne, mais plusieurs responsables européens craignent une réduction durable de la présence militaire américaine. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a salué cette annonce tout en appelant l’Europe à réduire sa dépendance militaire envers Washington.
L’Europe veut renforcer sa défense face aux incertitudes
La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, reconnaît une situation « déroutante » et estime que les alliés cherchent encore une stratégie commune. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, défend quant à lui une « européanisation » progressive de l’Otan. Le Pentagone doit bientôt publier son nouveau « modèle de forces », un document qui précisera les futurs déploiements militaires américains en Europe. Une forte réduction des renforts rapides inquiète particulièrement plusieurs pays européens, certains redoutant un affaiblissement historique de l’Alliance atlantique.
Par ailleurs, les Européens préparent plusieurs contrats militaires pour rassurer Washington : des achats d’armements américains seraient actuellement négociés. L’Ukraine reste également au centre des discussions diplomatiques, Mark Rutte souhaitant augmenter l’aide militaire européenne destinée à Kiev.
Aristide HAZOUME