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Depuis Houston, au Texas, le président Félix Tshisekedi a profité d’un rassemblement sportif de la diaspora congolaise pour livrer un discours à la fois célébratoire et résolument offensif. Sans jamais nommer son prédécesseur Joseph Kabila, il a multiplié les attaques indirectes contre l’ancien régime et ses soutiens présumés, dans un contexte politique intérieur de plus en plus tendu.

Un cadre sportif, un discours politique

C’est dans l’effervescence d’un match historique que le chef de l’État congolais a pris la parole. La veille, les Léopards de la RDC avaient arraché un match nul (1-1) face au Portugal, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Une performance saluée par la diaspora texane, massivement rassemblée pour l’occasion. Mais très vite, le ton de la soirée a basculé du terrain de football à l’arène politique. Le président Tshisekedi a dénoncé avec vigueur les “ennemis internes et externes” qui menaceraient, selon lui, l’unité nationale. Il a appelé les Congolais à se serrer les rangs face à des “tentatives d’instrumentalisation” de la vie politique, visant implicitement des soutiens régionaux de Kigali ainsi que certaines franges de l’opposition locale.

Accusations historiques et ciblage indirect de Joseph Kabila

Dans une séquence marquée par de nombreuses références historiques, le président est revenu sur les transitions tumultueuses de la RDC. Il a évoqué la chute de Mobutu en 1997, puis l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001, estimant que des puissances étrangères avaient à chaque fois pesé sur les destinées du pays. Sans le nommer explicitement, Félix Tshisekedi a visé son prédécesseur Joseph Kabila, évoquant “un pouvoir installé sous influence extérieure” une allusion directe aux années durant lesquelles Kigali aurait, selon certains observateurs, exercé une tutelle sur Kinshasa. Des proches de l’ancien chef de l’État ont immédiatement réagi, dénonçant des propos “offensifs et irresponsables”, qui affaibliraient selon eux la fonction présidentielle et la cohésion nationale.

Cette charge intervient dans un climat politique déjà très polarisé. L’opposition congolaise accuse régulièrement le chef de l’État de dérive autoritaire, pointant notamment l’adoption récente d’une loi controversée sur un éventuel référendum constitutionnel un texte rejeté par plusieurs formations politiques majeures. Pour ses détracteurs, le discours de Houston ne fait que confirmer une stratégie de durcissement, alors que les spéculations sur une prolongation du pouvoir ou une révision de la Constitution se multiplient à Kinshasa.

Est de la RDC : promesses de reconquête face aux groupes armés

Sur le volet sécuritaire, le président a réitéré sa détermination à “reconquérir” les territoires de l’Est contrôlés par la coalition AFC/M23, mouvement actif depuis plus d’une décennie dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il a promis une action ferme face aux groupes rebelles, alors que la région, riche en ressources stratégiques, est en proie à une violence chronique qui a fait des millions de déplacés depuis les années 1990. Malgré une résurgence du conflit en 2021 et des épisodes meurtriers à Goma et Bukavu, plusieurs accords de cessez-le-feu ont été signés en 2025, notamment à Washington et au Qatar. Sur le terrain, cependant, les combats persistent, plongeant les populations civiles dans une insécurité chronique. La communauté internationale, bien que mobilisée, peine à stabiliser une région où les intérêts géopolitiques locaux et régionaux s’entremêlent.

Aristide HAZOUME 

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