L’armée malienne annonce la libération de 82 militaires détenus depuis avril. Le président Assimi Goïta accorde sa grâce à un agent français condamné à 20 ans de prison.
L’armée malienne a annoncé jeudi la libération de 82 soldats retenus en otage depuis les attaques du 25 avril. Ces offensives, revendiquées par le GSIM (affilié à Al-Qaïda) et le FLA (rébellion touarègue), avaient visé l’aéroport de Bamako. Elles ont coûté la vie au ministre malien de la Défense. L’armée attribue cette libération à une « planification rigoureuse ».
Le même jour, le général Assimi Goïta a gracié un ressortissant français. Yann Christian-Bernard Vézilier, agent de renseignement sous statut diplomatique, avait été condamné en juin à 20 ans de prison. Arrêté le 13 août 2025, il était accusé de conspiration contre les institutions de la transition.
Grâce assortie d’une expulsion immédiate
Le gouvernement malien précise que cette grâce ne « remet pas en cause les faits établis ». Elle est assortie d’un « retrait immédiat » du territoire national. Bamako a remercié un « pays frère » pour sa contribution à cette grâce, sans le nommer. Les officiers maliens arrêtés avec l’agent français, radiés de l’armée, n’ont toujours pas été jugés. Ils sont accusés d’avoir monté un réseau d’espionnage pour déstabiliser la transition.
Bamako se tourne vers Moscou
Ces événements surviennent alors que le Mali a rompu avec la France et l’ONU. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte s’est rapprochée de la Russie. Ce changement d’alliance n’a toutefois pas mis fin à l’insurrection jihadiste, qui continue de menacer le pays.
Aristide HAZOUME