Au moins 19 pachydermes sont morts depuis juin. Le Kenya Wildlife Service suspecte un empoisonnement au cyanure. Mais de nombreuses voix contestent cette hypothèse.
Une mystérieuse affection frappe les éléphants du sud du Kenya. Depuis le 24 juin, au moins 19 pachydermes ont succombé. La plupart sont des femelles adultes et de jeunes mâles. Tous présentaient des symptômes identiques, dont une paralysie partielle. Les carcasses ont été découvertes dans l’écosystème d’Amboseli, une zone qui abrite plus de 2 000 éléphants.
Fin juillet, le Kenya Wildlife Service (KWS) a annoncé avoir détecté de fortes concentrations de cyanure dans les carcasses. Les autorités suspectent un empoisonnement par des pesticides pulvérisés sur des cultures de tomates voisines. Des analyses préliminaires de l’Université de Nairobi désignent le cyanure comme cause probable. Le KWS écarte pour l’instant une maladie infectieuse ou transmissible.
Des doutes persistent sur la thèse du poison
Cette hypothèse est toutefois contestée. Des responsables locaux et défenseurs de la faune rejettent la piste du cyanure. Ils soulignent que des charognards (hyènes, vautours) ont consommé les carcasses sans mourir. Aucune mortalité similaire n’a été constatée parmi le bétail. « Si un autre animal se nourrit de la carcasse et ne meurt pas, ce n’est pas un produit chimique », affirme Joel Nyika, gestionnaire de l’écosystème.
Pour certains, il s’agirait d’une maladie. « En tant que gestionnaires de la faune, nous pensons qu’il pourrait s’agir d’une maladie qui n’affecte que les éléphants », déclare Patrick Papatiti, responsable local. Les communautés masaïes, qui vivent au contact des éléphants depuis des décennies, se disent perplexes.
L’inquiétude grandit dans la réserve de Kimana
Des carcasses récentes ont encore été observées dans la réserve de Kimana. Parmi elles, un éléphanteau de quatre mois et une femelle gestante morte à terme. Ces décès inquiètent dans l’écosystème d’Amboseli. Les éléphants y constituent une attraction majeure pour le tourisme. Le KWS tente de rassurer la population et assure que le parc reste ouvert. Une enquête approfondie est en cours.
Aristide HAZOUME