L’épidémie d’Ebola en RDC est la deuxième plus grave de l’histoire. La surveillance des contacts est débordée et des agents non payés font grève. L’OMS alerte sur une propagation incontrôlée, avec 90 % des cas en Ituri.
L’épidémie de virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo s’aggrave dangereusement. Le système de santé est à bout de souffle. Les agents de surveillance, comme Gédéon Banga Ngbape à Nizi, ne sont plus payés depuis trois mois. Jeudi, le centre de traitement de Nizi a même fermé temporairement après une grève du personnel.
Une surveillance qui s’effondre
Malgré 60 à 70 alertes quotidiennes, le suivi des cas suspects est défaillant. L’OMS estime que seulement 80 % des contacts sont tracés, contre 95 % nécessaires. Les agents manquent d’équipements de protection. Leurs déplacements sont limités, entravant la riposte.
Une épidémie hors de contrôle
Déclarée le 15 mai, l’épidémie avait en réalité débuté en février. Le bilan officiel atteint 4 449 cas confirmés et 2 061 décès. La progression est trois fois plus rapide qu’en Afrique de l’Ouest en 2014. Aucun vaccin approuvé n’existe contre la souche Bundibugyo. À cela s’ajoutent les menaces des groupes rebelles et la défiance des communautés.
Aristide HAZOUME