Les camps rivaux libyens ont signé un accord pour des élections sous deux ans . Le texte du comité “4+4” prévoit une refonte de la commission électorale. L’ONU salue une avancée majeure, mais des voix critiques s’élèvent déjà.
Les représentants des factions rivales ont paraphé l’accord dimanche à Tripoli. La cérémonie s’est tenue au siège de la Mission de l’ONU. Le texte engage à des élections présidentielle et législatives dans 24 mois.
Un compromis sur les règles du scrutin
L’accord lève deux verrous majeurs du processus électoral . Les militaires sont autorisés à se présenter sans quitter leurs fonctions. Les candidats binationaux peuvent également concourir sous conditions. Le gagnant devra renoncer à sa seconde nationalité avant de prêter serment. Le document prévoit une refonte de la Commission électorale nationale. Dhaou Ibrahim Attia est proposé à la présidence, avec Sana al-Lishani comme adjointe. Le scrutin se tiendra sous une autorité exécutive unique . La victoire dès le premier tour est possible avec plus de 50% des voix.
Le Parlement et le Haut Conseil d’État ont un mois pour ratifier l’accord. En cas d’échec, les signataires chercheront une adoption constitutionnelle alternative. Ils compteront alors sur un soutien international par le Conseil de sécurité.
Entre espoir et méfiance
Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibé a salué “une étape importante”. Le maréchal Haftar, homme fort de l’Est, a également accueilli favorablement l’initiative . Mais l’absence de deux dirigeants clés à la cérémonie interroge. Mohammed Takala, chef du Haut Conseil d’État, a refusé l’invitation. Le président du Conseil présidentiel, Mohamed Menfi, a aussi décliné, invoquant un manque de consultation préalable . Un décret présidentiel parallèle sur la commission électorale brouille encore le processus.
Aristide HAZOUME