Le dépouillement du scrutin constitutionnel a débuté. La junte militaire cherche à instaurer un régime présidentiel fort. L’opposition dénonce un processus illégitime.
Les opérations de dépouillement ont commencé en Guinée-Bissau. Le référendum de dimanche pourrait transformer le système politique du pays . La junte veut remplacer le régime semi-parlementaire actuel. L’objectif est de renforcer les prérogatives du chef de l’État avant les élections générales du 6 décembre .
Une participation en demi-teinte
La fermeture des bureaux a eu lieu à 17h, heure locale . Idrissa Djalo, de la Commission électorale nationale, a annoncé un taux de participation « dépassant 55 % » . Il a souligné l’absence d’incidents majeurs. Cependant, l’affluence est restée modérée. Les fortes pluies matinales ont dissuadé de nombreux électeurs. Un responsable a décrit un flux « au compte-gouttes » .
Le nouveau texte vise à abandonner le système semi-parlementaire . Le président pourrait désormais nommer et révoquer le Premier ministre. Il pourrait également dissoudre le Parlement . La junte, dirigée par le général Horta N’Tam, justifie ce changement. Elle évoque la nécessité de stabiliser les institutions . L’opposition, menée par le PAIGC, a appelé au boycott. Elle dénonce un scrutin organisé « dans un contexte de restriction des libertés publiques » . La société civile craint une concentration des pouvoirs. « Le système présidentialiste que la junte veut imposer est dangereux », a déclaré Abubacar Ture, président de la Ligue des droits humains .
Des voix partagées
Malgré la polémique, certains électeurs ont exprimé leur espoir. Halimatou Traoré, commerçante, a déclaré que « les crises ont eu un impact négatif sur mes revenus ». Elle espère que le pays « s’engagera sur de nouvelles voies » . Braima Seidy, vétéran de l’indépendance, croit en la stabilité. « Cette nouvelle Constitution peut apporter la stabilité », a-t-il confié à l’AFP . La Guinée-Bissau a connu cinq coups d’État depuis 1974 . Ce référendum s’inscrit dans une tendance régionale. Plusieurs pays africains ont récemment modifié leur Constitution. L’objectif est souvent de renforcer le pouvoir exécutif .
Aristide HAZOUME