Trois personnes ont été arrêtées samedi à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, lors de manifestations opposant des groupes anti-immigration à des militants antiracistes. La police du Hampshire avait déployé d’importants effectifs pour éviter les affrontements.
Les forces de l’ordre ont interpellé trois individus en marge des rassemblements rivaux qui ont mobilisé plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville. Un homme de 76 ans a été arrêté pour avoir dissimulé son visage, en violation des nouvelles restrictions entrées en vigueur samedi matin. Un homme de 33 ans et un adolescent de 16 ans ont également été placés en garde à vue, respectivement pour obstruction et troubles violents. La marche du groupe « South Coast Patriots » a rassemblé jusqu’à 500 manifestants brandissant des drapeaux britanniques. Face à eux, environ 300 personnes ont participé à la contre-manifestation organisée par « Stand Up to Racism ». La police a établi un cordon de sécurité entre les deux camps à Guildhall Square.
Nouvelles restrictions policières
La police du Hampshire et de l’île de Wight a appliqué pour la première fois les pouvoirs conférés par l’article 158 du Crime and Policing Act 2025. Cette législation interdit le port de couvre-visages destinés à dissimuler l’identité lors de manifestations. Une ordonnance complémentaire permettait aux agents d’exiger le retrait des masques et autres accessoires. « Ces pouvoirs ne visent pas à empêcher la protestation », a déclaré le commissaire adjoint Paul Bartolomeo. « Ils servent à prévenir la criminalité et les troubles. » La commissaire de police Donna Jones s’est félicitée du déroulement « sans incident majeur » de la journée.
Contexte de tensions persistantes
Ces mobilisations font suite aux troubles du 6 septembre à Eastney Marina. Des centaines de manifestants avaient bloqué des bus transportant 120 migrants débarqués après une traversée de la Manche. Des véhicules policiers et des équipements des garde-côtes avaient été endommagés. Le Premier ministre Andy Burnham avait dénoncé une « politique du poison » après ces événements. Quelque 16 513 migrants irréguliers ont traversé la Manche depuis le début de l’année, selon les données du ministère de l’Intérieur.
Aristide HAZOUME