Les États-Unis ont expulsé jeudi plusieurs dizaines de Haïtiens vers Cap-Haïtien. Cette opération intervient après la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour 350 000 personnes . Le pays d’accueil est en proie à une violence des gangs dévastatrice.
Un vol d’expulsion en provenance des États-Unis a atterri à Cap-Haïtien. La capitale Port-au-Prince est jugée trop dangereuse pour ces opérations. Plus de 50 personnes, dont deux mineurs, étaient à bord . C’est le deuxième vol organisé depuis la fin du TPS en juillet 2026 .
Une destination sous haute tension
Haïti traverse l’une des pires crises de son histoire. Les gangs contrôlent environ 90 % de Port-au-Prince . Près de 1,5 million de personnes sont déplacées par la violence . Plus de 8 200 personnes ont été tuées entre janvier 2025 et mars 2026 . Le boxeur Jay Dabelus faisait partie des expulsés. Né aux Bahamas, il a vécu vingt ans aux États-Unis. À son arrivée, il a déclaré ne rien connaître d’Haïti et n’avoir ni famille ni ressources sur place.
Des retours sous haute surveillance
Les autorités haïtiennes accueillent ces rapatriés dans un contexte sécuritaire critique. Certains expulsés se couvrent le visage par crainte de représailles des gangs . Les anciens bénéficiaires du TPS sont particulièrement vulnérables, considérés comme des cibles potentielles pour extorsion . Human Rights Watch alerte sur les risques encourus par ces personnes renvoyées vers une zone de conflit. L’ONU estime que la violence des gangs a fait plus de 6000 morts en 2025 . La communauté internationale est appelée à renforcer son soutien.
Aristide HAZOUME