Près de 175 000 salariés de l’automobile allemande ont manifesté lundi contre les restructurations massives. IG Metall réclame des investissements et dénonce une concurrence chinoise dévastatrice.
Une mobilisation nationale d’ampleur
IG Metall a organisé lundi 21 septembre une journée d’action nationale. Le syndicat avait appelé à des rassemblements dans plus de 280 sites. Quelque 175 000 salariés ont répondu présent. À Sindelfingen, 20 000 ouvriers se sont massés devant l’usine Mercedes. Des actions ont aussi eu lieu chez Porsche, Bosch et Audi. Le mot d’ordre : « L’avenir plutôt que la saignée ». « On ne nous la fera pas ! », a lancé Ergün Lümali, président du comité d’entreprise.
Une filière en pleine crise structurelle
L’industrie automobile allemande traverse une crise profonde. En un an, 42 300 emplois ont disparu dans le secteur. Les effectifs sont tombés à 691 500 salariés, un plus bas depuis 2005. La concurrence chinoise et la transition électrique pèsent lourdement. Mercedes a supprimé 5 500 postes en douze mois. Le syndicat dénonce des erreurs de management et un manque d’innovation. La mobilisation précède des négociations tarifaires décisives. IG Metall réclame une hausse de 5 % des salaires. Les pourparlers débutent le 7 octobre prochain. Les contrats actuels expirent le 31 octobre. Le politologue Wolfgang Schroeder y voit une inquiétude sectorielle inédite.
Aristide HAZOUME