Plus de 55 000 Soudanais ont fui vers l’est du Tchad cette année. L’ONU alerte sur l’accélération des déplacements. L’aide humanitaire reste largement sous-financée.
Le HCR a recensé plus de 55 000 réfugiés soudanais depuis janvier. Près d’un million de personnes ont franchi la frontière tchadienne. La guerre au Soudan a débuté en avril 2023. Elle oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide. Le conflit a fait plus de 200 000 morts. Il a provoqué une crise majeure de la faim. La guerre a déclenché une crise humanitaire régionale. Quelque 11,3 millions de personnes restent déplacées de force. Dont 6,4 millions à l’intérieur du Soudan. Et 3,5 millions dans les pays voisins.
Plus de 400 arrivées par jour
Mamadou Dian Balde est coordinateur régional de l’ONU pour les réfugiés. Il indique que plus de 400 personnes franchissent la frontière chaque jour. Elles passent par Adré et Tiné, dans l’est du Tchad. Ce rythme est vingt fois supérieur aux mois précédents. La situation est critique au Darfour. Elle l’est aussi au Kordofan et au Nil-Bleu. Les combats et les frappes forcent davantage de civils à fuir. Les attaques de drones poussent aussi les civils à fuir. Ils compliquent l’accès humanitaire. Le Tchad accueille des réfugiés dans des zones frontalières.
Des financements très insuffisants
Au Tchad, plus de 190 000 réfugiés vivent dans des conditions difficiles. La plupart ont moins de la moitié de l’eau nécessaire. Le centre de Tiné accueille plus de 4 300 personnes. Les besoins en abris, eau, assainissement et protection sont urgents. Le HCR n’a reçu que 18 % des 1,6 milliard de dollars nécessaires. Au Tchad, les partenaires sont financés à environ 20 %. Mamadou Dian Balde cite une réfugiée survivante de violences sexuelles. Son hospitalisation ne pouvait plus être assurée faute de moyens. « Cela doit cesser », a-t-il déclaré. Il appelle à réduire les souffrances et à trouver des solutions durables. Le HCR craint que la baisse des financements pousse d’autres réfugiés à partir. Cette situation pourrait s’aggraver sans financements supplémentaires. Les organisations humanitaires manquent de moyens pour répondre.
Aristide HAZOUME