Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a présidé lundi 28 septembre 2026 un dialogue communautaire à Buea. Il a appelé à rompre avec le cycle des violences dans les régions anglophones.
Un mois de septembre marqué par les attaques
La rentrée scolaire a été fortement perturbée dans les deux régions anglophones. Le 8 septembre, cinq enseignants ont été enlevés à Wum, dans le Nord-Ouest. Un commissaire de police a été tué lors de cette attaque. Les enseignants ont été libérés le lendemain. Le 25 septembre, un proviseur a été blessé par balles près de Bamenda. Des couvre-feux ont été imposés par des groupes séparatistes. Des menaces visaient à dissuader les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Des hommes armés ont tué trois personnes dans un bar à Bamenda. Le 24 septembre, deux gendarmes ont été assassinés à Buea et Bamenda. Ces attaques rappellent que la violence fait toujours partie du quotidien dans de nombreuses zones.
Un dialogue aux résultats attendus
Joseph Dion Ngute était à Buea, capitale du Sud-Ouest. Il a présidé un dialogue communautaire pour la paix. Gouverneurs, députés, maires et chefs traditionnels étaient présents. Des organisations de la société civile ont aussi participé. Vingt-cinq anciens combattants séparatistes ont été présentés. Ils ont été reçus par groupes de neuf, dix et de manière aléatoire. Le Premier ministre a réaffirmé l’ouverture de l’État aux repentis. Il a annoncé la création d’un fonds pour soutenir le dialogue. Huit ans après le grand dialogue national, la crise persiste. Joseph Dion Ngute a reconnu les conséquences du conflit.
Des vies ont été perdues et des infrastructures détruites. Le dialogue doit produire des résultats concrets, a-t-il insisté. « Le Sud-Ouest ne peut pas voir une génération grandir dans le conflit. » Depuis 2017, plus de 6 500 personnes ont été tuées. Plus de quatre millions de personnes sont affectées par la crise. L’ONU et Human Rights Watch documentent les exactions des deux camps. La crise a débuté en 2016 par des revendications juridiques et éducatives. Elle s’est transformée en conflit armé entre forces gouvernementales et séparatistes.
Aristide HAZOUME