Les États-Unis renforcent leur partenariat avec l’Arménie autour d’un projet de corridor régional stratégique. Lors d’une visite à Erevan, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé l’engagement de Washington en faveur de cette voie de transit reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rencontré mardi son homologue arménien, Ararat Mirzoyan, à Erevan. Cette visite éclair intervient dans un contexte géopolitique régional sensible. Le chef de la diplomatie américaine revenait d’une réunion du « Quad » en Inde, et son avion a effectué une escale technique dans la capitale arménienne, prolongée par des entretiens officiels.
Au cours de cet échange, Washington a confirmé son soutien à un corridor régional stratégique devant relier l’Azerbaïdjan à l’enclave du Nakhitchevan via le territoire arménien. L’administration américaine présente cette initiative comme une route commerciale majeure, susceptible de pacifier et de dynamiser les échanges dans le Caucase du Sud. Selon Marco Rubio, ce projet favoriserait la paix et la coopération économique régionale. Bien que la dénomination exacte du corridor n’ait pas été officiellement arrêtée, certains responsables évoquent le nom symbolique de « Trump Route for International Peace and Prosperity ». Washington cherche par ailleurs à accroître son influence dans une région traditionnellement dominée par la Russie.
Depuis plusieurs années, Erevan s’engage dans un rapprochement progressif avec les puissances occidentales, tout en s’éloignant de son allié historique russe. En 2024, l’Arménie a suspendu sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), l’alliance militaire dirigée par Moscou, dénonçant l’inaction russe lors de la guerre du Karabakh. En 2023, l’Azerbaïdjan a repris le contrôle total de la région du Karabakh, accélérant les tensions entre Erevan et le Kremlin. Le gouvernement arménien assure toutefois que sa souveraineté sur le futur corridor sera préservée, et a transmis cette position aux autorités iraniennes voisines. L’Iran, qui entretient traditionnellement des relations étroites avec l’Arménie, suit ce projet avec attention en raison des tensions régionales actuelles.
Marco Rubio a également signé plusieurs accords économiques à Erevan, axés notamment sur les minerais critiques stratégiques. Washington entend ainsi réduire sa dépendance face à la domination chinoise sur ces ressources, essentielles aux technologies modernes et à l’industrie énergétique. Les États-Unis promettent des investissements et des retombées économiques locales, tout en insistant sur le respect de la souveraineté arménienne. Le ministre arménien Ararat Mirzoyan a salué des accords « bénéfiques » pour son pays, et espère désormais une application rapide des engagements annoncés.
Aristide HAZOUME
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