Au Mali, au moins huit civils ont été exécutés par l’armée dans le cercle de Yélimané, près des frontières mauritanienne et sénégalaise. Les corps, découverts les 15 et 16 mars, présentent des traces de brûlures et ont les yeux bandés, selon des sources locales.
Ces exécutions font suite à des arrestations massives survenues le 13 mars dans plusieurs villages de la région de Kayes, notamment à Bougoutourou, Dogofiri et Diongaga. Trente-quatre personnes, toutes issues de la communauté peule, avaient alors été interpellées par l’armée malienne. Les familles vivent désormais dans l’angoisse, craignant que le bilan ne s’alourdisse.
Une mère jointe par RFI témoigne en larmes : son fils, arrêté à la mosquée de Diongaga, a été retrouvé sans vie près de Sénéwali. Un jeune homme pleure son frère et deux cousins, toujours portés disparus. L’armée malienne n’a pas répondu aux sollicitations de RFI, laissant les proches sans information sur le sort des disparus. Depuis début février, la région de Kayes est le théâtre d’opérations militaires menées par l’armée, parfois appuyée par ses supplétifs russes de l’Africa Corps. Plusieurs exécutions présumées y ont déjà été recensées.
Ces violences ciblant la communauté peule exacerbent les tensions dans une région déjà fragilisée. Parallèlement, un incident diplomatique oppose Bamako à Nouakchott après des déclarations maliennes concernant une évasion de militaires en Mauritanie, démenties fermement par les autorités mauritaniennes.
Aristide HAZOUME