Dans le sud-est de la République démocratique du Congo, la mine de Kamoa concentre toutes les attentions. Avec ses immenses réserves de cuivre et de cobalt, le site est devenu l’épicentre d’une rivalité stratégique entre grandes puissances, où les investissements américains et chinois se livrent une compétition féroce pour le contrôle des minerais essentiels à la transition énergétique mondiale.
Installée dans la province du Lualaba, la mine de Kamoa fonctionne jour et nuit, exploitant des montagnes de roches rouges pour en extraire un minerai d’exception. Considéré comme l’un des plus grands gisements d’Afrique, le site affiche une production annuelle d’environ 300 000 tonnes de cuivre, avec une teneur remarquable de 2,8 %, bien supérieure à la moyenne mondiale. La direction prévoit déjà un bond significatif de sa capacité industrielle, avec un objectif de 500 000 tonnes annuelles à l’horizon 2028.
Cette pépite minière est détenue par la coentreprise Kamoa Copper, contrôlée majoritairement par le canadien Ivanhoe Mines et le chinois Zijin Mining. L’État congolais, pour sa part, conserve une participation minoritaire de 20 %, un équilibre qui reflète à la fois l’ouverture du pays aux capitaux étrangers et les enjeux souverains liés à ses sous-sols.
La République démocratique du Congo ne se résume pas à Kamoa. Premier producteur africain de cuivre avec 3,4 millions de tonnes extraites chaque année, le pays est surtout le numéro un mondial du cobalt, détenant près de 68 % de l’offre planétaire. Ces deux métaux sont les piliers de la révolution technologique : le cuivre, conducteur d’électricité, équipe les câbles et moteurs ; le cobalt, élément clé des batteries, stocke l’énergie des smartphones, des ordinateurs et des véhicules électriques. Une demande qui ne cesse de croître, alimentant une compétition internationale acharnée.
Depuis deux décennies, la Chine a pris une longueur d’avance en investissant massivement dans le secteur minier congolais, via ses géants comme Zijin et CMOC. Mais les États-Unis, conscients de leur dépendance stratégique, tentent désormais de reconquérir le terrain perdu. Un récent accord de partenariat minier a été scellé entre Kinshasa et Washington, tandis que le groupe Glencore a signé un protocole avec un consortium américain pour renforcer leur présence dans la région de Kolwezi, surnommée la « capitale mondiale du cuivre et du cobalt ».
Moteur principal de l’économie congolaise, le secteur minier ne représente pourtant qu’une fraction du potentiel du pays, dont le territoire de plus de deux millions de kilomètres carrés reste largement sous-exploré. Alors que les infrastructures de transport s’améliorent progressivement pour acheminer les minerais vers les marchés internationaux, la compétition pour les ressources stratégiques congolaises ne fait que s’intensifier, plaçant la RDC au cœur des équilibres géopolitiques du XXIe siècle.
Aristide HAZOUME
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