Le Soudan du Sud confirme la tenue de ses premières élections générales pour le 22 décembre 2026. Si cette annonce marque une étape décisive pour la transition politique du plus jeune pays d’Afrique, la Commission électorale nationale alerte sur des obstacles juridiques, financiers et logistiques qui pourraient menacer la crédibilité du scrutin.
La Commission électorale nationale du Soudan du Sud a officialisé, lundi 22 juin, la date des premières élections générales depuis l’indépendance du pays, obtenue en 2011. L’annonce a été faite à Juba par son président, Abednego Akok Kachuol, qui a souligné que cette échéance respecte l’obligation légale d’une déclaration six mois avant le vote. Initialement prévues en 2022, ces élections ont été reportées à plusieurs reprises en raison des retards accumulés dans la mise en œuvre de l’accord de paix revitalisé signé en 2018. Cet accord, conclu entre le président Salva Kiir et son ancien rival Riek Machar, prévoit l’organisation d’un scrutin pour clore définitivement la transition politique ouverte après des années de conflit.
Malgré cette avancée symbolique, la Commission électorale fait face à des défis considérables. Son président a appelé le gouvernement à combler d’urgence les lacunes juridiques et à débloquer les ressources indispensables à la préparation du scrutin. Le financement reste le principal obstacle. À ce jour, seuls 21 millions de dollars ont été mobilisés sur un budget global estimé à 250 millions de dollars. Une enveloppe récente de six millions de dollars a été allouée à l’éducation civique et à la sensibilisation des électeurs, mais elle reste très insuffisante au regard des besoins. Par ailleurs, les autorités doivent encore accélérer l’enregistrement des électeurs, la logistique électorale et l’adoption des réformes institutionnelles prévues par l’accord de paix. Plusieurs observateurs internationaux expriment également des inquiétudes quant aux conditions de sécurité et au climat politique, toujours fragiles dans certaines régions du pays.
Le Soudan du Sud, pays le plus jeune d’Afrique, porte encore les stigmates du conflit civil déclenché en 2013, deux ans seulement après son indépendance. La tenue d’élections libres et crédibles représenterait un tournant majeur pour sa stabilisation et son rayonnement sur le continent. Malgré les difficultés, les autorités électorales affirment poursuivre les préparatifs en vue de l’échéance du 22 décembre 2026. Reste à savoir si les promesses de financement et les réformes nécessaires seront concrétisées à temps pour offrir aux citoyens sud-soudanais un scrutin à la hauteur de leurs espoirs démocratiques.
Aristide HAZOUME
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