Face à l’érosion des surfaces cultivées en bio, la Maison de la Bio présente quinze propositions aux pouvoirs publics. L’objectif est d’atteindre 18 % des terres agricoles en bio d’ici 2027, tout en répondant aux enjeux de santé publique et de souveraineté alimentaire. Ce plan d’action intervient alors que la consommation repart, mais que les exploitations continuent de fermer.
Un contexte alarmant malgré une embellie des ventes
À l’approche de l’élection présidentielle française de 2027, la fédération professionnelle Maison de la Bio qui réunit producteurs, transformateurs et distributeurs a dévoilé une feuille de route ambitieuse. Celle-ci vise à faire de l’agriculture biologique un pilier de la transition écologique et sanitaire du pays. Bien que la consommation de produits bio ait connu une reprise notable en 2025, les surfaces dédiées à ce mode de production n’ont cessé de se réduire pour la troisième année consécutive. Le nombre d’exploitations engagées dans la démarche est également en baisse. Dans ce contexte, les quinze mesures proposées entendent inverser la tendance et concrétiser les objectifs fixés par le programme gouvernemental Ambition Bio 2027, qui prévoit aussi 12 % d’achats alimentaires bio dans la restauration collective d’ici 2030. Selon Christophe Barnouin, coprésident de la fédération, l’agriculture biologique constitue une réponse concrète aux défis sanitaires, environnementaux et économiques actuels.
Des mesures structurantes pour la filière et l’environnement
Parmi les propositions phares, la fédération demande que l’agriculture biologique soit privilégiée dans les aires de captage d’eau potable, afin de préserver durablement la ressource. Elle milite également pour une meilleure transparence des achats responsables réalisés par la grande distribution et la restauration collective. Sur le plan institutionnel, la Maison de la Bio réclame le renforcement des moyens de l’Agence Bio et la désignation de référents spécialisés au sein de plusieurs ministères. Elle plaide aussi pour une revalorisation des soutiens de la Politique agricole commune (PAC) et une application stricte des lois Egalim, afin de garantir une juste rémunération des agriculteurs dans les cantines scolaires.
Enfin, le document propose une fiscalité adaptée aux performances environnementales des entreprises, pour inciter davantage de filières à s’engager dans la transition.
Des innovations sociétales pour toucher tous les publics
Le texte préconise également des mesures inédites : la distribution de paniers bio gratuits prescrits aux femmes enceintes, la généralisation du savon biologique dans les établissements publics, ou encore l’introduction d’un enseignement obligatoire à l’alimentation durable du primaire au lycée. Un indicateur sur le niveau de transformation des aliments est aussi suggéré pour mieux éclairer le consommateur.
Christophe Barnouin estime que ces quinze propositions, si elles sont mises en œuvre, permettront de consolider durablement la filière biologique et d’accompagner efficacement les objectifs nationaux de transition écologique. La fédération espère désormais que les futurs responsables politiques s’empareront de ce plan pour donner un nouvel élan à l’agriculture française.
Aristide HAZOUME