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C’est une décision sans précédent : la Commission européenne inflige à AliExpress une amende record de 550 millions d’euros pour manquements au règlement sur les services numériques (DSA). En cause : une évaluation insuffisante des risques liés à la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits. La plus lourde sanction jamais prononcée dans le cadre du DSA.

Bruxelles frappe un grand coup contre AliExpress

Le 20 juillet, la Commission européenne a annoncé une sanction historique à l’encontre d’AliExpress. La plateforme chinoise, filiale du géant Alibaba, devra s’acquitter d’une amende de 550 millions d’euros. L’exécutif européen estime que le marché en ligne n’a pas rempli ses obligations prévues par le DSA. Les enquêtes menées par Bruxelles ont mis au jour des défaillances majeures dans l’évaluation et la réduction des risques systémiques. Selon la Commission, des vêtements contrefaits, des jouets potentiellement dangereux, des cosmétiques non conformes et d’autres produits illicites sont restés accessibles aux consommateurs européens. Certains articles ont même été maintenus en ligne plusieurs semaines après leur signalement.

Au-delà de ces lacunes, Bruxelles pointe un contrôle insuffisant des vendeurs, un effectif dédié à la surveillance trop restreint et des mécanismes internes aisément contournables. La Commission exige désormais des mesures correctives immédiates pour renforcer la sécurité des utilisateurs européens.

AliExpress conteste fermement la sanction

La plateforme juge cette amende « disproportionnée » et assure avoir déjà renforcé ses systèmes de gestion des risques. Elle affirme collaborer activement avec les autorités européennes pour améliorer la sécurité et la conformité de ses services. Malgré cette contestation, Bruxelles maintient sa position : les manquements constatés sont d’une gravité particulière. Le montant de l’amende, souligne la Commission, reflète la nature, la durée et l’ampleur des infractions.

Un tournant dans l’application du DSA

Cette décision marque une étape clé dans le renforcement du contrôle des grandes plateformes numériques. Après les sanctions infligées à Temu, la Commission européenne poursuit sa offensive réglementaire. D’autres procédures, notamment à l’encontre de Google, sont également en cours. L’objectif affiché est clair : protéger les consommateurs européens et imposer le respect des règles numériques à toutes les plateformes, où qu’elles soient établies, dès lors qu’elles opèrent sur le marché de l’Union.

Aristide HAZOUME

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