L’AfD est créditée de 41 % des voix selon le dernier ZDF-Politbarometer. La CDU du chancelier Friedrich Merz stagne à 23 %. Jamais un parti d’extrême droite n’a dirigé une région allemande depuis 1945.
À deux jours du scrutin, l’AfD caracole en tête des sondages. La CDU, qui gouvernait jusqu’ici avec SPD et FDP, subirait de lourdes pertes. La gauche (11,5 %) et la SPD (8,5 %) sont loin derrière. La majorité absolue reste incertaine. Ulrich Siegmund, 35 ans, est la star de cette campagne. Surnommé « l’homme le plus dangereux d’Allemagne » par Der Spiegel, il promet de durcir la politique migratoire. Il veut aussi réformer l’école et les médias publics. Ses meetings attirent des foules qui le traitent en rockstar. Le chancelier Merz a tenté de freiner cette dynamique. Il a mis en garde contre des « dommages économiques considérables ». Mais ses appels semblent sans effet dans cette région d’ex-RDA.
Une coalition impossible ?
L’AfD ne peut gouverner sans allié. Tous les autres partis excluent toute coalition avec elle. Une alliance CDU-gauche-SPD-Verts réunirait 46 % des voix. Mais la CDU refuse de s’associer à la gauche. Une situation de blocage est probable. Cette élection est scrutée dans toute l’Europe. Une victoire de l’AfD affaiblirait encore Merz, qui avait promis de diviser par deux son score. Les minorités craignent une vague de violences. La société civile appelle à manifester samedi contre l’extrême droite.
Aristide HAZOUME