Environ 200 migrants ont manifesté dimanche sur une plage de Ceuta. Ils réclament le droit d’asile et refusent de retourner au Maroc. Cette protestation survient deux semaines après l’arrivée massive de 72 000 personnes. Madrid menace de renvoyer tout nouvel entrant irrégulier.
La tension reste vive à Ceuta, enclave espagnole d’Afrique du Nord. Dimanche, des migrants rassemblés sur la plage d’El Trampolin ont brandi des pancartes. On pouvait y lire : « Nous ne voulons pas retourner au Maroc » et « Nous sommes aussi des humains ». Ils ont scandé des slogans comme « Nous sommes fatigués » ou « Nous avons besoin d’une solution ».
Un afflux historique fin juillet
Fin juillet, plus de 72 000 migrants ont franchi la frontière en quelques jours. La plupart sont repartis volontairement vers le Maroc. Mais entre 5 000 et 8 000 personnes restent bloquées sur place. Elles vivent dans des conditions précaires, sur la plage ou à la périphérie de la ville.
Bilan humain et craintes de nouvelles vagues
Le bilan humain est lourd. Au moins 100 personnes sont mortes lors de cette ruée frontalière, selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas. Les autorités espagnoles dénombrent 75 morts. Les ONG évoquent un chiffre plus élevé, avec au moins 141 décès. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a mis en garde contre toute nouvelle tentative d’entrée massive. Le gouvernement espagnol assure que tout migrant entré illégalement sera renvoyé au Maroc.
Par ailleurs, les forces marocaines ont récemment arrêté 294 migrants subsahariens qui tentaient de rejoindre Ceuta. Soixante et un Marocains ont aussi été interpellés pour avoir facilité ces tentatives.
Aristide HAZOUME