Trente-sept suspects arrêtés pour exploitation minière illégale sont morts dans une cellule du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) à Minna. Les autorités ont suspendu le commandant local et lancé plusieurs enquêtes. Les survivants dénoncent des conditions de détention inhumaines.
Dauda Shehu, 29 ans, affirme avoir survécu « par la grâce de Dieu ». Il décrit une cellule surpeuplée et étouffante. « On aurait dit qu’ils voulaient que nous mourions tous là », raconte-t-il. Les détenus transpiraient abondamment. L’un d’eux a perdu connaissance. Ses codétenus ont alerté les agents du NSCDC sans obtenir d’assistance. Un rapport de renseignement consulté par l’AFP évoque une surpopulation et une ventilation insuffisante. Les victimes avaient été arrêtées les 15 et 16 septembre près de Minna.
Enquêtes et suspensions
Le gouverneur de l’État de Niger, Mohammed Umaru Bago, a ordonné des autopsies et des examens médico-légaux. Une commission d’enquête locale a été mise en place. À l’échelle fédérale, une commission indépendante de dix membres a été créée samedi. Vingt agents du NSCDC ont été suspendus. Le commandant de l’État de Niger, Suberu Siyaka Aniviye, avait été suspendu vendredi. Le président Bola Tinubu a exigé une enquête « complète et transparente ». Il a promis que toute négligence serait sanctionnée.
Un drame aux racines profondes
L’exploitation minière illégale est un fléau dans le centre-nord du Nigeria. Des analystes lient ces activités au financement de groupes armés. Pour les familles, le deuil est immense. Lawan Mohammed, père d’une victime, confie : « J’avais beaucoup d’attentes pour mon fils, mais tout a été brisé ». Le gouverneur Bago a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne électorale.
Aristide HAZOUME