Human Rights Watch accuse les forces du maréchal Khalifa Haftar d’avoir exécuté au moins 31 personnes dans l’est de la Libye depuis fin août. L’ONG dénonce des procès militaires secrets basés sur des aveux obtenus sous la torture. Une cinquantaine d’autres détenus risquent une exécution imminente.
Human Rights Watch a publié mercredi 14 octobre un rapport accablant sur la situation dans l’est de la Libye. L’ONG documente au moins 31 exécutions depuis le 23 août 2026. Les forces de Khalifa Haftar ont procédé à ces mises à mort après des procès militaires « manifestement inéquitables ». Il s’agit des premières exécutions connues dans le pays depuis 2010.
Le 23 août, le procureur militaire des forces pro-Haftar annonçait dix exécutions par fusillade. Au moins vingt et un autres détenus ont été exécutés ensuite. Une cinquantaine de personnes détenues à la prison militaire de Gernada risquent une exécution imminente. Située à 100 km au nord-est de Benghazi, cette prison échappe en grande partie au contrôle judiciaire.
Des procès secrets et des aveux arrachés sous la torture
Bassam Khawaja, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dénonce un système judiciaire parallèle. « Les forces de Haftar exécutent des personnes à la suite de procès secrets basés sur des aveux obtenus sous la torture », a-t-il déclaré. Les accusés sont jugés devant des tribunaux militaires non compétents pour juger des civils. La Cour suprême libyenne a pourtant jugé inconstitutionnelle, en novembre 2025, la loi permettant aux tribunaux militaires de juger des civils. De nombreuses victimes avaient été arrêtées à Benghazi et Derna lors des affrontements de 2014 à 2018. Certaines familles n’ont pas été informées des exécutions et n’ont pas pu récupérer les corps.
Aristide HAZOUME