Le président kényan William Ruto a réclamé mercredi, à la tribune de l’ONU, un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité. Il dénonce une architecture internationale héritée de 1945.
William Ruto a pris la parole mercredi 23 septembre à New York. Le président kényan a dénoncé l’absence de siège permanent africain. « L’égalité proclamée dans cette Assemblée s’arrête aux portes du Conseil », a-t-il lancé. L’Afrique compte 54 États membres, soit plus d’un quart de l’ONU. Elle n’y dispose que de trois sièges non permanents. Le président kényan dénonce une injustice historique. Selon lui, le continent est « en permanence discuté, mais en permanence exclu ». Son discours a été prononcé lors de la 81e Assemblée générale. António Guterres a qualifié cette absence d’« injuste et indéfendable ».
Une réforme bloquée depuis dix-sept ans
Le Conseil de sécurité compte 15 membres. Cinq sont permanents et détiennent un droit de veto : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les dix autres sont élus pour deux ans. Les négociations intergouvernementales ont débuté en 2009. Elles n’ont produit aucun résultat concret. L’Union africaine réclame deux sièges permanents et cinq non permanents. Elle exige les mêmes prérogatives que les membres actuels, veto compris. La France soutient cette position. Washington s’y montre également favorable depuis 2024. La Russie défend le maintien du veto. William Ruto a appelé à ne pas renoncer. « Nous ne devons pas accepter que la réforme soit impossible parce qu’elle est difficile », a-t-il déclaré.
Aristide HAZOUME