Le pape Léon XIV a mis en garde vendredi à l’Élysée contre les dérives de l’intelligence artificielle. Devant Emmanuel Macron, il a plaidé pour un « discernement éthique » face au progrès technologique.
Un premier discours offensif à l’Élysée
Le pape est arrivé en France vendredi 25 septembre pour une visite de quatre jours. Il s’est rendu à l’Élysée moins de deux heures après son atterrissage à Orly. Devant les autorités et le corps diplomatique, il a prononcé son premier discours en français. Il a alerté contre le risque de « perdre notre humanité au milieu du paradis des machines ». Il a dénoncé des technologies qui « envahissent et conditionnent notre quotidien ». Il a appelé à former les esprits à un « discernement éthique ». Cette position prolonge son encyclique « Magnifica Humanitas », publiée en mai 2026. Ce texte, le premier jamais consacré à l’IA, appelle à « désarmer » l’intelligence artificielle.
Laïcité, bioéthique et désarmement nucléaire
Le pape a également défendu une « juste laïcité ». Selon lui, elle ne consiste pas à « exclure la religion de l’espace public ». Il a dénoncé les « manipulations génétiques », la « gestation pour autrui » et « l’achat d’organes ». Il a aussi fustigé « l’offre d’une mort programmée ». Ce point intervient deux mois après l’adoption de la loi française sur l’aide à mourir. Sur la scène internationale, Léon XIV a appelé à l’interdiction des armes nucléaires. Il a jugé « erronée » l’idée que la possession de l’arme atomique garantit la sécurité. « La paix n’est pas un équilibre des forces », a-t-il affirmé. Le pape se rendra ensuite à l’UNESCO, à Lourdes puis à Metz. Cette visite est la première d’un pape en France depuis 18 ans.
Aristide HAZOUME