Fouzi Lekjaa a présenté vendredi 23 octobre le projet de loi de finances 2027 devant le Parlement. Le texte table sur une croissance de 3,7 % en 2027, après 4,7 % en 2026, et un déficit ramené à 3 % du PIB. L’investissement public atteint un niveau record de 400 milliards de dirhams.
Le ministre de l’Économie et des Finances a défendu un budget de « conciliation » entre engagements sociaux et équilibres financiers. L’inflation est contenue à 0,7 % pour 2026. Les recettes fiscales ont progressé de 11,7 % sur un an à fin septembre. Le ministre a appelé à ce que « chaque dirham d’argent public produise un impact tangible ».
Pouvoir d’achat et réforme fiscale
La réforme de l’impôt sur le revenu constitue la mesure phare. Les salaires nets inférieurs à 10 000 dirhams seront exonérés dès janvier 2027. Le seuil annuel d’exonération passe de 40 000 à 60 000 dirhams. Le taux marginal maximal baissera de 37 % à 30 % d’ici 2030. Cette réforme coûtera 5,5 milliards de dirhams au budget. L’aide sociale directe sera portée progressivement de 500 à 1 000 dirhams par mois. Le minimum des pensions passera de 1 700 à 3 000 dirhams, bénéficiant à 500 000 retraités.
Investissement public et territoires
L’investissement public est porté à 400 milliards de dirhams pour 2027. Les transferts aux régions atteindront près de 12 milliards de dirhams. Une enveloppe de 210 milliards de dirhams sur huit ans financera les programmes de développement territorial intégré. Le gouvernement veut accélérer la déconcentration administrative et la contractualisation avec les régions. L’opposition réclame des indicateurs précis et des échéances publiées. La crédibilité du PLF se mesurera à l’exécution des engagements et à la reddition des comptes.
Aristide HAZOUME