La Biennale de Venise traverse une crise majeure à quelques jours de son ouverture. Le jury international a démissionné après une décision controversée concernant la participation de la Russie et d’Israël. Des mandats d’arrêt internationaux alimentent la polémique artistique, et l’événement culturel s’annonce sous haute tension diplomatique.
La Biennale de Venise fait face à une crise interne sans précédent. Le jury international a annoncé sa démission collective jeudi, à une semaine de l’ouverture officielle. Le différend porte sur la participation de la Russie et d’Israël. Les organisateurs ont autorisé leur présence à l’édition 2026, une décision qui a suscité de vives critiques en Europe.
Le jury avait décidé d’exclure ces pays du palmarès, invoquant des mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Ces mandats concernent des dirigeants politiques des deux États : le président Vladimir Poutine est visé pour crimes de guerre présumés, et le Premier ministre Benyamin Netanyahu est également poursuivi. La décision du jury a provoqué un désaccord profond avec les organisateurs, qui défendent un principe d’inclusion artistique universelle et refusent toute exclusion fondée sur des considérations politiques. La cérémonie de remise des prix a été reportée. Elle se tiendra désormais en novembre, en fin d’exposition, et deux distinctions seront attribuées selon les organisateurs.
L’Union européenne a critiqué cette participation. Bruxelles a évoqué la possibilité de suspendre certains financements. Le gouvernement italien, par la voix de la Première ministre Giorgia Meloni, a pris ses distances avec la décision des organisateurs tout en rappelant l’indépendance de la fondation qui gère la Biennale.
La Russie était absente des précédentes éditions récentes, et le pavillon israélien avait été fermé lors de la dernière édition. Cette année marque donc un retour controversé : près de quarante artistes russes sont attendus à Venise, aux côtés d’artistes ukrainiens, biélorusses et iraniens. Malgré les tensions, l’événement maintient son ouverture prévue en mai. La Biennale, qui attire plus de 600 000 visiteurs chaque année et rivalise avec la Documenta de Cassel, reste une référence mondiale de l’art contemporain. Les débats autour de la liberté artistique demeurent au cœur des discussions.
Aristide HAZOUME
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