Le ministère de l’Intérieur égyptien a qualifié mardi de « sans fondement » les accusations de torture visant six journalistes de la plateforme Matsadaash. Ces derniers affirment avoir subi des sévices lors de leur détention.
Une accusation de torture rejetée par Le Caire
Le ministère de l’Intérieur a démenti mardi les allégations de torture. Il les juge « totalement infondées ». Selon lui, les accusés tentent d’échapper aux charges retenues contre eux. Les faits remontent à la semaine dernière. Six journalistes de Matsadaash ont été arrêtés entre le 28 et le 29 septembre. Leurs avocats affirment qu’ils ont subi des sévices. Ils auraient été frappés, soumis à des décharges électriques et menacés. Leurs familles auraient également été visées. Des « aveux fabriqués » auraient été enregistrés sous la contrainte.
Un contexte de répression de la presse
Les six journalistes sont accusés d’appartenance aux Frères musulmans. Le Caire leur reproche aussi la publication de « fausses nouvelles ». Matsadaash est une plateforme de vérification des faits. Elle remet en question les déclarations des autorités depuis 2018. Sa rédaction entière a été arrêtée. Le syndicat des journalistes a déposé plainte. Plus de 80 organisations internationales ont condamné ces arrestations. Le Comité pour la protection des journalistes dénonce une « grave escalade ». Au total, 26 journalistes sont actuellement détenus en Égypte pour leur travail.
Aristide HAZOUME