Des agents fédéraux ont perquisitionné le domicile d’Ilhan Omar à Washington. Son téléphone a été saisi et plus d’une douzaine de citations à comparaître ont été émises. La députée dénonce une « intimidation politique ».
Une enquête fédérale aux multiples volets
La perquisition a eu lieu lundi à l’aube dans la capitale américaine. Elle s’inscrit dans une enquête pénale fédérale en cours. Les agents du Homeland Security Investigations (HSI) ont exécuté un mandat judiciaire. Le périmètre de l’enquête reste flou. Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a évoqué des « crimes potentiels » liés aux documents d’immigration de la famille Omar.
L’enquête porterait en partie sur le père de la députée. Mardi, la procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, a confirmé « plusieurs enquêtes » en cours. Son bureau examine aussi les déclarations financières de l’élue. « Si un crime a été commis, il sera poursuivi », a-t-elle déclaré sur Fox News. Plus d’une douzaine de citations à comparaître devant un grand jury ont été émises dans le Minnesota. La sœur d’Ilhan Omar, Sahra Noor, en fait partie.
Un timing qui fait polémique
La perquisition intervient à trois semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre. Ilhan Omar brigue un cinquième mandat dans le 5e district du Minnesota. Le ministère de la Justice évite habituellement les actions d’éclat à moins de 60 jours d’un scrutin. Les démocrates ont vivement condamné l’opération. Le chef de la minorité Hakeem Jeffries a dénoncé un « abus de pouvoir » et une « raid extraordinaire » sans fondement. « C’est une tentative de cibler des ennemis politiques et d’armer les forces de l’ordre fédérales », a réagi Ilhan Omar sur X. « Je ne serai pas réduite au silence. »
Aristide HAZOUME