Le TPLF a lancé mercredi une offensive contre les forces fédérales éthiopiennes. L’alliance rebelle « pour la survie » menace de propager le conflit à tout le pays et à la Corne de l’Afrique.
Les combats ont éclaté mercredi 23 septembre dans le nord de l’Éthiopie. Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a pris le contrôle de trois aéroports régionaux, dont Mekele. Les forces tigréennes ont lancé une offensive dans l’Afar et l’Amhara. L’armée fédérale affirme avoir tué 272 rebelles et blessé 260 autres. Ethiopian Airlines a suspendu tous ses vols vers le Tigré. Le TPLF dit mener une « guerre défensive ». Le gouvernement fédéral dénonce une « offensive à grande échelle ».
Une alliance inédite menace Addis-Abeba
Dimanche, sept groupes armés ont formé l’« Alliance pour la survie ». Le TPLF, les milices Fano et l’Armée de libération oromo (OLA) en font partie. Objectif : renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed. Les Fano combattaient pourtant aux côtés de l’armée fédérale en 2020-2022. « Nous sommes en état de guerre totale », a déclaré Amanuel Assefa, vice-président du TPLF.
Cette coalition inquiète l’International Crisis Group. Magnus Taylor redoute un élargissement des combats à l’Oromia, à la région somalienne et au Benishangul-Gumuz. L’accord de Pretoria, signé en 2022, est aujourd’hui menacé. L’Érythrée pourrait être entraînée dans le conflit. Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les rebelles. L’Union africaine et l’Union européenne appellent à une « désescalade immédiate ».
Aristide HAZOUME