Plus de 50 dignitaires musulmans et chrétiens signent une paix historique à Abuja. L’initiative survient après les critiques acerbes de Donald Trump sur les persécutions religieuses.
Plus de 50 dignitaires musulmans et chrétiens ont signé mercredi un accord de paix interconfessionnel à Abuja. La conférence était organisée par la Ligue islamique mondiale, basée en Arabie saoudite. Le texte crée une nouvelle instance pour promouvoir l’harmonie religieuse au Nigeria. Le Nigeria compte plus de 237 millions d’habitants. Le pays est divisé entre un nord musulman et un sud chrétien. Les tensions interconfessionnelles y sont récurrentes.
Un accord salué comme un tournant
Les responsables religieux décrivent cet accord comme un tournant. Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale a salué l’enthousiasme des deux confessions pour « tourner une nouvelle page ». John Praise Daniel, président de l’Assemblée des leaders chrétiens du Nord, a appelé à bannir les discours de haine. Khalid Abubakar, secrétaire général de Jama’atu Nasri Islam, a souligné qu’il s’agit d’une « coopération pour vivre en harmonie ». Le vice-président du Sénat, Barau Jibrin, représentait le président Bola Tinubu. Il a affirmé la détermination du gouvernement à préserver l’unité nationale.
Le contexte des critiques américaines
Cette signature intervient après les vives critiques de Donald Trump. En novembre 2025, le président américain avait qualifié le Nigeria de « pays déshonoré ». Il avait menacé d’une action militaire pour protéger les chrétiens. Washington avait aussi placé le Nigeria sur sa liste des pays violant la liberté religieuse.
Les autorités nigérianes ont réfuté ces accusations. Le ministre des Affaires étrangères avait jugé « impossible » toute persécution religieuse d’État. Selon l’ONU, l’insurrection de Boko Haram a tué plus de 40 000 personnes. La majorité des victimes sont des musulmans. Le coordonnateur résident de l’ONU au Nigeria avait estimé que ces violences ne constituent pas une « persécution ciblée ». L’accord intervient à l’approche de l’élection présidentielle de janvier 2027. La religion y sera un facteur déterminant.
Aristide HAZOUME