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Plus de 190 entreprises minières artisanales clandestines opèrent sans licence. La plupart appartiennent à des étrangers. Le gouvernement ordonne leur fermeture immédiate.

L’annonce a eu lieu mercredi. Le ministère camerounais des Mines a dévoilé l’ampleur du phénomène. Les régions de l’Est et de l’Adamawa sont les plus touchées. Selon le communiqué officiel, plus de 95 % des sociétés illégales sont détenues par des non-Camerounais. Une enquête a débuté en janvier dernier. Elle faisait suite à un écart gigantesque. Le Cameroun déclarait n’exporter que 22,3 kg d’or en 2023. Pourtant, les pays importateurs, surtout les Émirats arabes unis, affirmaient recevoir 15,2 tonnes. Soit près de 680 fois plus.

Des ressortissants chinois majoritairement visés

La liste ministérielle cite de nombreuses sociétés dirigées par des Chinois. Les autorités leur ont ordonné de « cesser immédiatement leurs activités minières ». En revanche, aucune sanction judiciaire précise n’a encore été annoncée. La corruption reste un frein majeur, malgré un nouveau code minier voté en 2023. La chercheuse Aïcha Pemboura confirme le contournement des circuits officiels. « L’or artisanal rejoint des réseaux informels ou la contrebande », écrit-elle. L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) avait déjà alerté en décembre dernier. Le rapport 2023 montrait des pertes colossales pour l’État camerounais. Les élites puissantes entravent toujours l’application de la loi. L’affaire n’est pas close.

Aristide HAZOUME 

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