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Quarante-quatre journalistes burkinabè ont suivi une formation militaire obligatoire. Cette « immersion patriotique » suscite l’indignation des défenseurs de la liberté de la presse.

Pendant cinq jours, les professionnels des médias ont troqué leurs micros contre des treillis et des fusils. La formation s’est déroulée à l’Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. Ils ont appris le maniement des armes et le secourisme tactique. Cette obligation concerne désormais les médias publics et privés chaque année.

Le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a justifié cette mesure. « Un journaliste professionnel qui n’est pas patriote est une menace », a-t-il déclaré. Le ministre de la Sécurité souhaite en faire une « tradition » annuelle. Il prévoit d’étendre le programme à d’autres professions. Une formation similaire est déjà imposée aux bacheliers depuis 2025.

Les autorités évoquent le contexte sécuritaire

Le gouvernement justifie cette initiative par la guerre contre les groupes djihadistes. Le Burkina Faso est confronté à une crise sécuritaire depuis plus d’une décennie. Les autorités estiment que les journalistes doivent s’engager dans l’effort national. Le directeur de l’Académie de police évoque une « imprégnation des réalités opérationnelles ».

RSF dénonce une atteinte à la liberté de la presse

Reporters sans frontières critique vivement cette décision. « Les journalistes ne sont pas des militaires », a rappelé Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne. Il dénonce un « signal très inquiétant » pour l’indépendance des médias. Des journalistes critiques auraient déjà été enrôlés de force pour combattre. Plusieurs médias étrangers ont également été suspendus depuis l’arrivée de la junte.

Aristide HAZOUME

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