Le gouvernement de la RDC a officialisé un accord avec les États-Unis. Dès avril 2026, la RDC accueillera des migrants expulsés du territoire américain. Ces personnes viennent de pays tiers. Elles seront hébergées temporairement en RDC.
Kinshasa présente ce dispositif comme une mesure exceptionnelle. Elle est encadrée. Il ne s’agit ni d’une relocalisation permanente, ni d’une externalisation de la politique migratoire américaine. Chaque dossier sera examiné individuellement. Les autorités respecteront les lois nationales et les exigences de sécurité. Aucun transfert automatique ne sera autorisé. Des sites d’accueil ont déjà été identifiés. Ils se trouvent en périphérie de Kinshasa. L’opération sera entièrement financée par Washington. Le budget public congolais ne sera pas impacté.
Une société civile vent debout
L’accord suscite une vive controverse. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent un manque de transparence. Elles regrettent l’absence de débat public. Timothée Mbuya (ONG Justicia ASBL) critique le fait que ni le Parlement ni la population n’aient été consultés. Pour ces acteurs, la RDC manque d’infrastructures. Le pays doit déjà faire face à une crise humanitaire aiguë. On y compte plus de six millions de déplacés internes. Ces déplacements sont liés aux conflits persistants dans l’Est. D’autres voix s’élèvent. Les autorités devraient d’abord répondre aux besoins des Congolais. Elles ne devraient pas s’engager dans ce type d’accord international.
Un partenariat stratégique en toile de fond
Aucune contrepartie officielle n’a été détaillée. L’accord intervient pourtant dans un contexte de rapprochement entre Kinshasa et Washington. Les deux pays ont récemment renforcé leur coopération. Cela concerne notamment les ressources minières, la sécurité et la santé. Les États-Unis ont promis un appui financier estimé à 900 millions de dollars. Reste à savoir comment cet accord sera mis en œuvre. Parviendra-t-il à apaiser les inquiétudes ? La RDC est déjà confrontée à de nombreux défis sécuritaires et humanitaires.
Aristide HAZOUME