L’opposant Delly Sesanga exige un dialogue inclusif et le retrait définitif du projet de révision constitutionnelle, alors que les tensions politiques montent à deux ans de la présidentielle.
L’opposition congolaise durcit le ton face au président Félix Tshisekedi. Delly Sesanga, figure de la coalition C64, a lancé un ultimatum lundi : renoncer à toute modification constitutionnelle. Le Parquet, dominé par la majorité présidentielle, a pourtant approuvé une proposition prolongeant le mandat présidentiel . “Une nation en guerre ne devrait pas modifier la Constitution”, a martelé le président d’ENVOL. Le chef de l’État, au pouvoir depuis 2019, n’a pas encore promulgué le texte. Son mandat expire en 2028 .
Un dialogue national sous conditions
Tshisekedi a récemment renvoyé le projet de loi référendaire à l’Assemblée. Un “geste insuffisant” selon Sesanga, qui exige un abandon pur et simple . La coalition C64, affaiblie par la défaite de 2023, a reporté ses manifestations au 15 septembre . “L’adversaire, c’est la misère, l’insécurité et le chômage”, a affirmé l’opposant, rejetant toute division. Il réclame un dialogue national incluant le M23 et l’ex-président Joseph Kabila . Kinshasa refuse pour l’instant cette option .
L’Est menacé d’exclusion électorale
La révision constitutionnelle intervient en pleine crise sécuritaire. Le M23, soutenu par Kigali, contrôle le Nord et Sud-Kivu depuis janvier 2025 . Des millions d’électeurs risquent d’être privés de vote en 2028. “Aucun Congolais sérieux n’accepterait une élection sans ces provinces”, a prévenu Sesanga . Des pourparlers de paix ont abouti dimanche à une feuille de route, mais les combats persistent .
Aristide HAZOUME