Le géant danois du transport maritime A.P. Moller Maersk amorce un retour progressif dans le canal de Suez. Une décision rendue possible par la baisse des tensions en mer Rouge, qui redonne des couleurs à l’une des artères les plus stratégiques du commerce mondial.
Le groupe danois A.P. Moller Maersk a annoncé lundi la reprise progressive de ses traversées par le canal de Suez, marquant ainsi un tournant après près de deux ans de détours contraints. Depuis 2023, l’armateur privilégiait en effet le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique, pour éviter les eaux dangereuses de la mer Rouge.
Un détour par l’Afrique devenu trop coûteux
Cette prudence faisait suite aux attaques répétées menées par les rebelles houthis du Yémen contre des navires commerciaux, en particulier dans la zone stratégique du détroit de Bab-el-Mandeb. Ces actions hostiles avaient considérablement perturbé le trafic international, obligeant de nombreuses compagnies à suspendre leurs passages par l’isthme égyptien.
Le canal de Suez, véritable raccourci maritime entre l’Asie et l’Europe, voit transiter chaque année des milliers de navires et une part majeure des échanges mondiaux. Son contournement par l’Afrique allongeait les trajets de plusieurs milliers de kilomètres, avec des répercussions directes sur les délais de livraison, la consommation de carburant et les coûts logistiques. Un fardeau économique que les armateurs, dans un contexte d’inflation persistante, ne pouvaient supporter indéfiniment.
Une reprise progressive mais scrutée par tout le secteur
Selon Maersk, l’évolution positive de la situation sécuritaire dans Au région permet désormais un retour à la normale, bien que celui-ci s’effectue avec prudence. « Nous surveillons en continu les conditions de navigation et nous adaptons nos itinéraires en fonction des risques résiduels », a précisé le groupe dans son communiqué.
Cette reprise, qui intervient dans un climat d’apaisement relatif au Moyen-Orient, est scrutée de près par l’ensemble du secteur maritime. Plusieurs autres armateurs, qui avaient également suspendu leurs transits, pourraient suivre cet exemple si la stabilité se confirme. Le retour de Maersk, l’un des leaders mondiaux, constitue un signal fort pour la communauté logistique internationale. Néanmoins, la vigilance reste de mise. Les entreprises du transport maritime maintiennent des protocoles de sécurité renforcés et continuent d’évaluer les menaces potentielles liées aux tensions géopolitiques persistantes, notamment dans la bande de Gaza et au large du Yémen.
En définitive, cette décision illustre à nouveau l’importance vitale du canal de Suez dans l’équilibre du commerce mondial. Elle offre un répit bienvenu aux chaînes d’approvisionnement globales, tout en rappelant la fragilité des routes maritimes face aux crises régionales.
Aristide HAZOUME