Le Rwanda a renvoyé en RDC 39 personnes rapatriées via le programme onusien. Kigali les juge inéligibles. La Monusco se désolidarise totalement de cette opération.
La tension monte entre Kigali et la Monusco. Mercredi 29 juillet, le Rwanda a expulsé 39 personnes vers la RDC . Ces individus avaient été rapatriés au Rwanda sept mois plus tôt. Ils étaient présentés comme membres des FDLR et leurs dépendants . Les autorités rwandaises contestent cette qualification. Elles estiment que ces personnes ne remplissaient pas les critères du programme de démobilisation . La Commission rwandaise de démobilisation suggère même un rapatriement de faux ex-FDLR. Kigali affirme que l’opération s’est déroulée en présence de responsables onusiens. Une version fermement rejetée par la Monusco. Jeudi 31 juillet, la mission onusienne a publié un communiqué cinglant. Elle assure n’avoir joué « aucun rôle » dans ce transfert .
Vérification et désaccord
La Monusco rappelle son processus rigoureux. Chaque rapatriement nécessite une vérification approfondie. Les dossiers éligibles sont transmis aux autorités rwandaises pour approbation finale . La mission onusienne suggère que Kigali a approuvé ces dossiers avant de les renvoyer . Ce nouvel épisode ravive les tensions diplomatiques.
L’affaire survient dans un climat de défiance. La neutralisation des FDLR est un point central des Accords de Washington . Kinshasa et Kigali s’accusent mutuellement de soutenir des groupes armés. Les 39 rapatriés contestent leur identité de combattants FDLR. Ils se disent citoyens congolais . Chaque dossier lié aux FDLR est désormais un enjeu diplomatique majeur.
Aristide HAZOUME