Les électeurs bissau-guinéens ont massivement approuvé un projet de nouvelle Constitution. Le texte renforce les pouvoirs du président de la République. Le scrutin s’est tenu sous une junte militaire, à trois mois d’une élection présidentielle censée rétablir le pouvoir civil.
Les résultats provisoires annoncés mardi par la Commission électorale nationale donnent le « oui » vainqueur avec 70 % des suffrages . Le référendum s’est déroulé dimanche 30 août, moins d’un an après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025 . Ce scrutin précède l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026 . Le projet constitutionnel modifie en profondeur l’équilibre institutionnel. Il substitue un régime présidentiel fort au système semi-parlementaire actuel . Le chef de l’État pourra désormais nommer et révoquer le Premier ministre et son gouvernement. Il obtiendra également le pouvoir de dissoudre le Parlement . Le nombre de députés sera ramené de 102 à 65 .
Un scrutin contesté par l’opposition
Le principal parti d’opposition, le PAIGC, a appelé au boycott. Il dénonce des « restrictions des libertés publiques » et le manque de légitimité des autorités de transition . Des organisations de la société civile estiment que cette réforme « concentre tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme » . La junte affirme vouloir stabiliser les institutions et éviter les cohabitations conflictuelles .
Une participation en demi-teinte
La participation a dépassé 55 %, selon la Commission nationale des élections . Le scrutin s’est déroulé dans le calme . Les fortes pluies ont toutefois freiné la mobilisation dans certaines régions . Ce référendum est le dernier épisode des crises politiques récurrentes en Guinée-Bissau, qui a connu cinq coups d’État depuis 1974 .
Aristide HAZOUME