L’Ouganda a baptisé son brut « Pearl Sweet » et vise les premiers exports avant 2027, mais les projets pétroliers suscitent de vives controverses environnementales et sociales.
Le président Yoweri Museveni a dévoilé le nom officiel du pétrole ougandais lors d’une cérémonie à Hoima . Ce nom rend hommage au surnom du pays, « perle de l’Afrique », et à la faible teneur en soufre du brut . Le pays enclavé d’Afrique de l’Est veut devenir un exportateur majeur . Sa capacité de production devrait atteindre 230 000 barils par jour . La secrétaire d’État Irene Batebe vise une entrée en production du site Kingfisher d’ici fin 2026 .
L’EACOP, projet au cœur des tensions
La majorité du pétrole sera acheminée par l’East African Crude Oil Pipeline . Cet oléoduc chauffé de 1 443 km est le plus long du monde . Le brut ougandais doit être maintenu à 50°C pour être transporté . Le projet, détenu majoritairement par TotalEnergies, est contesté par des ONG . L’EACOP, considéré comme une « bombe carbone », pourrait émettre 379 millions de tonnes de CO₂ . Des inquiétudes concernent aussi la biodiversité dans le parc national Murchison Falls . Des éléphants perturbés par les forages sortent du parc et tuent des personnes .
Des déplacés et des procès
Plus de 100 000 personnes ont été déplacées par les projets pétroliers . Des ONG critiquent l’insuffisance et la lenteur des indemnisations . Le géant français TotalEnergies assure avoir indemnisé 99 % des ménages déplacés . Quatre agriculteurs ougandais ont intenté un procès à Londres pour arrêter l’oléoduc EACOP . Le gouvernement ougandais défend le pétrole comme un levier de développement majeur .
Aristide HAZOUME