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La Cour de cassation tunisienne examine ce jeudi le pourvoi de 34 personnalités politiques condamnées pour « complot contre la sûreté de l’État », dans une affaire dénoncée comme un simulacre de justice par les défenseurs des droits humains.

Les peines prononcées en appel, en novembre 2025, vont de 5 à 45 ans de prison . L’homme d’affaires Kamel Letaief a écopé de 30 ans de réclusion. Le militant Khayam Turki a été condamné à 45 ans. Les figures de l’opposition Jawhar Ben Mbarek, Issam Chebbi et Ghazi Chaouachi purgeront 20 ans chacune .

Une audience fixée dans l’urgence

La défense dénonce les conditions de cette audience. Les avocats ont été prévenus le lundi pour une comparution le jeudi. « On n’a même pas eu le temps de faire le tour des détenus », regrette Me Haifa Chebbi, fille d’Ahmed Nejib Chebbi. Ce dernier, 81 ans, a été arrêté en décembre 2025 après sa condamnation en appel à 12 ans de prison. Youssef Chaouachi, fils de l’opposant Ghazi Chaouachi, n’attend rien de ce recours. Il craint une confirmation des lourdes sentences.

Amnesty dénonce une « parodie de justice »

L’ONG a appelé la Cour à annuler les condamnations. Sara Hashash, directrice régionale, dénonce des « accusations infondées » et un procès « entaché de violations des garanties d’une procédure régulière » . Les accusés ont comparu à distance, sans pouvoir être physiquement présents . Depuis le coup de force de Kaïs Saïed en 2021, la Tunisie réprime ses opposants. Ce procès symbolise la dérive autoritaire du pays. La Cour de cassation rendra sa décision dans les prochaines semaines.

Aristide HAZOUME

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