Mistral AI a dévoilé mardi 6 octobre 2026 son nouveau modèle Large 4, surnommé « Le Chonk ». Avec 1 050 milliards de paramètres, le champion français de l’IA veut rivaliser avec les meilleurs modèles chinois et américains.
Une architecture massive pour un bond technologique
Mistral AI a présenté mardi une preview publique de son nouveau modèle. Baptisé Mistral Large 4, il est surnommé « Le Chonk ». Ce modèle repose sur une architecture Mixture-of-Experts. Il compte 1 050 milliards de paramètres au total. Seuls 49 milliards sont activés à chaque inférence. Un encodeur de vision de 1,6 milliard de paramètres complète le dispositif. Le modèle gère nativement plus de 160 langues. Sa fenêtre de contexte atteint un million de tokens. Arthur Mensch, patron de Mistral, a déclaré sur X que le modèle « ne montre aucun signe d’essoufflement ». La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a salué « une nouvelle démonstration de ce que l’écosystème français de l’IA sait faire ».
Des performances en forte hausse
Sur l’indice d’intelligence d’Artificial Analysis, Large 4 obtient un score de 38. Le précédent modèle, Large 3, plafonnait à 9. Le progrès est spectaculaire. Sur l’index cyber, Large 4 atteint 50 points. Il égale le chinois GLM-5.3-Flash. Dans le benchmark DeepSWE v1.1, il décroche 62 %. Sur le B3 Agent Security Benchmark, il résiste à neuf attaques sur dix. Le modèle traite 116 tokens par seconde. C’est plus rapide que la moyenne des modèles comparables. Le 27 octobre, Mistral publiera les poids du modèle. La licence reste toutefois à préciser.
Un positionnement stratégique pour l’Europe
Mistral mise sur l’IA ouverte face aux géants américains. L’entreprise propose une alternative 100 % européenne. Les entreprises et les États « ne devraient pas dépendre d’un fournisseur de modèles fermés », défend Mistral. Cette approche séduit les investisseurs. En septembre 2026, Mistral a levé 3 milliards d’euros. Sa valorisation atteint 21 milliards d’euros. Mais l’écart de moyens reste immense. Mistral a entraîné Large 4 sur 4 000 puces. Les géants américains en utilisent des centaines de milliers. La partie est loin d’être gagnée.
Aristide HAZOUME