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Au moins 24 véhicules ont été incendiés jeudi 8 octobre 2026 à Soweto et Durban. Les manifestations dénoncent une décision de la Cour constitutionnelle facilitant l’accès à l’asile. Trois personnes ont été arrêtées.

Une décision de justice qui met le feu aux poudres

La Cour constitutionnelle a rendu une décision en juillet 2026. Elle supprime plusieurs obstacles procéduraux aux demandes d’asile. Les demandeurs peuvent déposer leur dossier même sans papiers. Cette mesure a provoqué un afflux massif dans les centres d’accueil. Des centaines de personnes font la queue devant les bureaux des Affaires intérieures. Face à cette situation, des groupes anti-immigrés ont appelé à manifester. Ils réclament l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Le gouvernement accuse des réseaux de désinformation. Selon lui, de fausses informations circulent sur l’octroi automatique du statut de réfugié. Le porte-parole William Baloyi a précisé que chaque demande sera examinée individuellement.

Des violences coordonnées dans deux grandes villes

Les incidents ont éclaté jeudi à Soweto, près de Johannesburg, et à Durban. À Soweto, dix véhicules ont été incendiés près du bureau des Affaires intérieures d’Orlando West. Des coups de feu ont été signalés. Les violences ont suivi des affrontements entre riverains et commerçants étrangers. À Durban, quatorze véhicules ont été brûlés. Des magasins appartenant à des étrangers ont été pillés. La police a tiré des balles en caoutchouc pour disperser la foule. Trois ressortissants étrangers ont été arrêtés. La commissaire nationale par intérim, Puleng Dimpane, a condamné ces actes. Elle a promis que les auteurs seraient « recherchés et traduits en justice ».

Un contexte de tensions xénophobes persistantes

L’Afrique du Sud connaît des violences xénophobes récurrentes depuis près de vingt ans. En 2008, plus de 60 personnes avaient été tuées. Le pays fait face à une pauvreté massive et un chômage touchant un tiers de la population active. Les migrants sont souvent accusés de prendre des emplois et de peser sur les services publics. Les chercheurs contestent ces affirmations. Le gouvernement appelle au calme et à laisser les procédures judiciaires suivre leur cours.

Aristide HAZOUME

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