Le Parti communiste sud-africain (SACP) a réuni plusieurs formations de gauche à Boksburg, à l’approche des élections municipales prévues en novembre. Une initiative qui intervient alors que les tensions avec l’African National Congress (ANC) ne cessent de croître.
Une conférence pour reconstruire le bloc progressiste
Du 29 au 31 mai, le Parti communiste sud-africain (SACP) a organisé une « Conférence des gauches » à Boksburg, dans la province de Gauteng. L’événement a rassemblé des partis politiques, des syndicats et des organisations de la société civile autour d’un objectif commun : renforcer l’unité des forces progressistes face aux défis sociaux et économiques que traverse le pays. À l’issue des travaux, le secrétaire général du SACP, Solly Mapaila, a présenté une déclaration commune appelant à défendre les intérêts des travailleurs et des populations les plus précaires, et à mieux coordonner l’action des mouvements de gauche. Parmi les participants figuraient les Economic Freedom Fighters (EFF) de Julius Malema, ainsi que le uMkhonto weSizwe Party (MK Party), proche de l’ancien président Jacob Zuma. Plusieurs organisations internationales ont également pris part aux échanges.
Une rupture consommée avec l’ANC ?
Cette conférence se tient dans un contexte politique particulièrement tendu. En avril dernier, le SACP a annoncé sa volonté de participer de manière indépendante aux élections municipales de novembre une décision sans précédent depuis la fin de l’apartheid. Les relations avec l’ANC, son allié historique, se sont fortement dégradées ces derniers mois. Refusant de prendre part à la conférence, le parti au pouvoir est vivement critiqué par les communistes, notamment pour l’alliance gouvernementale conclue avec l’Alliance démocratique (DA) après les dernières élections nationales.
Toutefois, malgré cette volonté d’émancipation affichée par la direction du SACP, plusieurs de ses cadres restent liés à l’ANC, ce qui suscite des critiques au sein même du mouvement syndical. La South African Federation of Trade Unions (SAFTU) a ainsi boycotté l’événement, accusant le SACP de soutenir des politiques économiques contraires aux intérêts des travailleurs.
Aristide HAZOUME