Face à une pénurie de carburant sans précédent, Cuba accuse Washington d’aggraver délibérément sa crise énergétique. Pourtant, La Havane examine une offre d’aide humanitaire américaine de 100 millions de dollars, dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes.
Une crise énergétique historique
Cuba traverse une grave crise énergétique. Les autorités cubaines affirment que les réserves nationales de diesel et de fioul sont désormais épuisées. Depuis plusieurs jours, les coupures d’électricité se multiplient, en particulier à La Havane et dans l’est du pays. Le président Miguel Díaz-Canel a appelé Washington à lever ce qu’il qualifie de « blocus énergétique », imposé depuis janvier. Les autorités cubaines accusent les États-Unis d’empêcher l’arrivée de cargaisons pétrolières en provenance du Venezuela et du Mexique.
Une offre d’aide américaine controversée
Le gouvernement cubain étudie actuellement une proposition d’aide humanitaire américaine d’un montant de 100 millions de dollars. Cette offre intervient alors même que les sanctions américaines contre l’île ont été renforcées récemment. L’économiste cubain Omar Everleny a qualifié cette proposition d’« immorale ». Selon lui, Washington contribue directement à la crise actuelle en bloquant les importations de carburant indispensables au fonctionnement du pays. Le 1er mai, le président américain Donald Trump a annoncé un nouveau durcissement des sanctions contre Cuba. Washington continue de considérer l’île comme une menace pour sa sécurité nationale.
Vie quotidienne bouleversée et manifestations
Des manifestations ont éclaté mercredi dans plusieurs quartiers de La Havane, des habitants dénonçant les longues coupures d’électricité et les pénuries alimentaires.Jeudi, une panne majeure a plongé plusieurs provinces orientales dans le noir. Les autorités évoquent un réseau électrique soumis à une forte pression. Face au manque de carburant, de nombreux Cubains se déplacent désormais à vélo ou en tricycle électrique. Le secteur touristique, essentiel pour l’économie locale, reste gravement touché par la crise. Parallèlement, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à La Havane pour rencontrer des responsables cubains. Les autorités cubaines affirment que cette visite vise à maintenir un canal de dialogue politique entre les deux pays.
Aristide HAZOUME