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Le président guinéen Mamadi Doumbouya a accordé vendredi une grâce présidentielle à 217 détenus, dont l’opposant Aliou Bah. Cette décision intervient après une demande de libération de la Cour de justice de la CEDEAO.

Le président Mamadi Doumbouya a signé vendredi 2 octobre 2026 un décret de grâce. Le texte a été lu à la télévision d’État par le général Amara Camara. Il porte sur 217 détenus condamnés par les juridictions guinéennes. La mesure coïncide avec la fête de l’indépendance du pays. Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), figure sur la liste. Il était incarcéré depuis décembre 2024. Il avait été condamné en janvier 2025 à deux ans de prison. Les chefs d’accusation : « offense et diffamation » envers le chef de l’État. La cour d’appel de Conakry avait confirmé ce verdict en mai 2025. Sa libération était initialement attendue en décembre 2026.

Une décision sous pression de la CEDEAO

La grâce intervient dans un contexte judiciaire particulier. Le dossier d’Aliou Bah faisait l’objet d’une procédure devant la Cour de justice de la CEDEAO. Dans une lettre datée du 25 septembre 2026, la juridiction régionale avait demandé à la Cour suprême de Guinée de procéder à sa libération « immédiate et sans condition ». La CEDEAO avait déjà condamné l’État guinéen en juin 2026. Elle avait estimé qu’Aliou Bah avait été arrêté et détenu « arbitrairement ».

Un contexte politique toujours tendu

La condamnation d’Aliou Bah avait suscité de vives critiques. Alseny Sall, de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’homme, avait dénoncé « un triomphe de l’arbitraire contre la liberté ». Amnesty International avait fustigé un régime « prêt à tout pour étouffer les critiques ». Le général Mamadi Doumbouya dirige la Guinée depuis le coup d’État de septembre 2021. Il a été élu président en décembre 2025 avec 86,72 % des voix. Ce scrutin s’est tenu sans les principaux opposants. Sous son pouvoir, 40 partis politiques ont été dissous en mars 2026. Les manifestations sont interdites et réprimées. Plusieurs voix dissidentes ont été arrêtées, condamnées ou contraintes à l’exil.

Aristide HAZOUME

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