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La police espagnole a lancé dimanche l’évacuation de 3 000 migrants installés sur la plage du Trampolín à Ceuta. L’opération précède la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia, prévue le 13 octobre.

Une opération d’envergure pour démanteler le plus grand campement illégal

La police nationale espagnole a lancé dimanche 4 octobre 2026 une vaste opération d’évacuation sur la plage du Trampolín, à Ceuta. Environ 3 000 personnes y vivaient dans des abris de fortune, dormant sur des cartons et recevant quotidiennement de la nourriture de la Croix-Rouge. Selon la porte-parole de la police, il s’agit d’une « première phase d’évacuation ». Le dispositif mobilise plus de 350 policiers, une trentaine de fourgons, des blindés militaires et des drones. Les migrants sont conduits vers le Centre d’Accueil Temporaire pour Étrangers (CATE) pour identification. Certains ont choisi de retourner volontairement au Maroc : environ 460 personnes ont franchi la frontière de Tarajal dès le premier jour.

Un contexte migratoire explosif

Cette opération intervient après un afflux massif les 30 et 31 juillet 2026. Plus de 70 000 personnes venues du Maroc étaient entrées à Ceuta en quelques heures. La grande majorité est repartie, mais plusieurs milliers sont restées. Plus d’une centaine de migrants ont perdu la vie durant cette traversée, principalement en mer. La situation avait suscité des manifestations quasi quotidiennes des habitants de Ceuta, réclamant un retour à la normale.

Une visite royale à haut risque diplomatique

L’évacuation précède la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia, prévue le 13 octobre 2026. Il s’agit du premier déplacement du souverain à Ceuta depuis son accession au trône en 2014. Le Maroc revendique la souveraineté sur Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord. La dernière visite d’un roi d’Espagne, Juan Carlos en novembre 2007, avait provoqué une crise diplomatique avec Rabat. Cette visite s’inscrit dans un climat politique tendu en Espagne. Pedro Sánchez, fragilisé par la crise migratoire, a convoqué des élections anticipées le 29 novembre 2026. Le gouvernement doit examiner les situations individuelles pour déterminer qui peut bénéficier du droit d’asile et qui doit être expulsé. Les groupes locaux estiment que les mesures d’urgence sont loin de suffire.

Aristide HAZOUME

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