L’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo affirme que son passeport a été révoqué par Conakry. Il devait se rendre à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Son parti, l’UFDG, dénonce une nouvelle atteinte à ses droits.
Un vol bloqué à la dernière minute
Cellou Dalein Diallo devait s’envoler lundi depuis Abidjan. Le vol était opéré par Ethiopian Airlines à destination de New York. L’opposant avait accompli toutes les formalités. Il avait même obtenu sa carte d’embarquement. La compagnie l’a informé à la dernière minute qu’il ne pouvait pas monter à bord. Son passeport avait été « révoqué par les autorités émettrices ». L’information a été transmise par les autorités américaines. « Il y a deux mois que la police des frontières m’a informé que mon passeport guinéen était révoqué », a précisé M. Diallo à l’AFP. Le document n’expire pourtant qu’en 2031. Contactées, les autorités guinéennes n’ont pas réagi.
Un contexte de répression politique
L’UFDG a condamné cette décision avec « la dernière énergie ». Le parti y voit une « violation des droits élémentaires » de son président. Cette mesure s’inscrit dans une « dynamique d’exclusion » plus large. L’UFDG a été dissoute en mars 2026. Quarante partis ont perdu leur statut légal. Cellou Dalein Diallo, 74 ans, vit en exil depuis 2022. Il n’a pas pu se présenter à la présidentielle de décembre 2025. Le général Mamadi Doumbouya a été élu avec 86,72 % des voix. Le parti craint désormais une déchéance de nationalité. Il évoque aussi un possible mandat d’arrêt international.
Aristide HAZOUME